Suite à votre demande d’enquête approfondie, mes hommes et moi-même nous sommes rendus à Mazé, ville du Maine et Loire, au bord de la départementale 147, sur le tronçon qui relie la ville d’Angers à celle de Saumur. Après deux mois d’investigation, je suis en mesure de certifier qu’un dangereux groupe anarcho-autonome fomente en toute impunité depuis quatorze ans. Ce groupe de 80 personnes réunit aussi bien des hommes que des enfants et des femmes. Il dissimule ses activités sous le nom d’AVA Mazé. Ses membres sont extrêmement organisés. Ils sont capables de monter plusieurs manifestations par an (concours de tir en salle, tir nature, tir campagne et tir 3D) et même, en quelques mois, de mettre sur pied un rassemblement de plusieurs centaines de personnes tel qu’un Championnat de France (tir campagne en juillet 2010). Ils savent se répartir les tâches et ont des compétences très variées (contacts avec la presse, tenue d’une buvette, préparation d’un repas, enseignement, tâches administratives, électricité, plomberie, musique, chant…). Ils ont un moyen de communication particulièrement efficace : un site internet. Ils se réunissent dans la bonne humeur plusieurs fois par semaine dans une ancienne société de boule de fort. Certains vont même jusqu’à se retrouver dans les bois, à Cornillé-Les-Caves, commune proche de Mazé, le vendredi soir, en été. Ou encore, toujours aux beaux jours, sur un ancien terrain de camping, à Mazé même. Il existe, entre tous les membres, une réelle solidarité.
Cependant, ce qui représente l’aspect le plus grave, ce sont leurs entraînements, quasi quotidiens, aux armes. Pour l’instant, ils se contentent des arcs, de tous types, long-bow, arcs de chasse, arcs à poulie, arcs classiques avec ou sans viseur. Mais il faut se douter, au vu de tous les trophées qu’ils remportent lors des compétitions, qu’ils seront tentés d’essayer les armes à feu, voire les chars d’assaut ou les fusées à têtes nucléaires. N’oublions pas que la centrale de Chinon n’est pas loin…
Monsieur, je vous prie de me permettre de continuer à surveiller discrètement ce groupe armé afin de préserver la Nation du danger qu’il représente. Je vous demande aussi instamment de me prêter quelques hommes supplémentaires pour leur fête annuelle qui aura lieu le 2 juillet dans les bois de Cornillé.
Veuillez agréer l’expression de ma considération respectueuse et dévouée.